Comment réussir en musique – Interview de Guillaume Ledent

Guillaume Ledent - interview - comment réussir en musique - Méthode Chanson

Pour m’aider à répondre à la question « Comment réussir en musique », j’ai réalisé l’interview de Guillaume Ledent.

Guillaume Ledent est un auteur-compositeur-interprète, multi-instrumentiste et arrangeur belge né à Tournai en 1974, de mère polonaise et de père belge.

Il a fait plus de 400 concerts et a réalisé 6 albums, dont 2 pour le jeune public.

Guillaume Ledent revient aujourd’hui, en 2021, avec un nouveau single  » La tanière « , qui annonce son prochain album  » Fancy-Fair « .

L’interview

MC – Comment et pourquoi est née ta passion musicale ?

GL – Je suis né dans un milieu de musiciens. Mon grand-père paternel, qui était belge, était pianiste et connaissait le solfège. Mon grand-père maternel, qui était polonais, était musicien autodidacte au violon. Il jouait d’oreille.

On m’a mis au piano à six ans.

Guillaume Ledent jeune au piano - Comment réussir en musique ? Interview de Guillaume Ledent - Méthode Chanson

MC – Quelle a été ta première expérience musicale ? Comment réussir en musique – Interview de Guillaume Ledent

GL – J’ai sept ans et je joue de la flûte à bec dans la fanfare de mon village.

MC – Pourquoi avoir choisi Guillaume Ledent comme nom d’artiste ?  

GL – C’est en 2004. J’étais encore dans le groupe  » Dîne à quatre « . A l’époque je discute avec le batteur qui me dit  » produis-toi sous ton nom « . Je me rappelle même en avoir parlé avec Baptiste Lalieu (Saule) à l’époque. Lui et d’autres m’ont dit  » ne cherche pas de pseudo car Guillaume Ledent, ça sonne « .

Premier Festival de Guillaume Ledent - Méthode Chanson
Premier Festival de Guillaume Ledent

MC – Tu es multi-instrumentiste. Tu joues de la basse, de la guitare, du piano et de la batterie. Comment as-tu appris ces instruments ?

GL – Mon premier instrument à l’académie, c’est le saxophone. Le piano c’est depuis tout petit. J’ai commencé la guitare aux alentours de 15 ans. Mon père faisait de la guitare et je la lui ai piquée.

MC – Tu es prof de musique et de math dans un école en humanités, qu’est-ce qui t’as poussé à être prof  ?

Cela remonte loin. J’ai une formation d’ingénieur. En plein milieu de cycle d’ingénieur, je voulais tout arrêter car je voulais faire des études pour devenir instituteur. Mes parents m’ont dit non, tu continues ta formation. Après avoir terminé ma formation, j’ai fais mon CAP et j’ai postulé dans l’enseignement. Pendant quinze ans j’ai d’abord travaillé dans l’enseignement supérieur à l’ECAM puis en 2015 j’ai eu l’opportunité de donner des cours de musique et de math dans le secondaire. J’ai tenté le coup et c’est ce que je fais depuis lors.

MC – Tu es auteur-compositeur et interprète. Pourquoi avoir choisi les trois casquettes ?

GL –  Je n’ai pas choisi. Au départ, j’écrivais des chansons. Je ne trouvais personne pour les chanter. Je les ai donc chantées moi-même.

MC – Ecris-tu d’abord les paroles sur la musique ou inversement  ?

GL – Ça dépend. Parfois, ce sont les paroles qui viennent d’abord, parfois la musique. Mais c’est souvent un mix des deux. Par exemple, je vais d’abord écrire une première strophe, je vais ensuite trouver une musique à mettre dessus puis je vais continuer le texte avec cette musique. Quand le texte est terminé, il m’arrive de changer complètement la musique.

MC – Oui ça c’est parce que le texte a déjà un rythme intrinsèque, un nombre de pieds existants.

GL – Oui.

MC – Donc tu es obligé de changer la musique pour la faire correspondre au rythme imposé par ton texte, ou tu dois changer ton texte. Le texte a des exigences.

GL – Le texte a des exigences oui. Il y a le rythme du texte mais aussi le choix sémantique, le sens des mots. A un moment donné, je vais être dans un langage qui ne correspondra plus avec la musique et je dois alors la changer.

MC – Quels types de musique ou de chansons aimes-tu ?

GL  –  Au départ, je n’aime pas spécialement la chanson. Mon univers c’est plutôt le jazz, la pop anglaise. Quand j’écoute de la chanson française, je suis plutôt attiré d’abord par la mélodie plutôt que par les textes. J’accède au texte par la musique. C’est d’abord une musique qui doit me toucher, un gimmick. Le son avant le sens.

MC – Que penses-tu des auteurs dits  » a texte  »  tels que Barbara, Brel, Brassens et Ferré ? 

Brel, Brassens, Barbara, Ferré. Comment réussir en musique ? Interview de Guillaume Ledent - Méthode Chanson

GL  –  De tous ceux que tu cites, mon chouchou c’est Brassens. Léo Ferré, je reconnais que j’ai du mal à l’apprécier. Il est plombant mais je reconnais son talent. J’ai approché et apprivoisé Barbara récemment. Brassens je l’adore depuis tout petit.

MC – Pourquoi adores-tu Brassens?

GL  – Parce que c’est léger et très moderne. Il y a un paradoxe avec Brassens. Il utilise des mots anciens, déjà dans les années cinquante ces mots étaient déjà du vieux français. En même temps, il met ça au goût du jour avec une musique très swing, très pop pour l’époque, influencé par Django Reinhardt.. Il dit des choses parfois graves et lourdes de sens avec légèreté.

MC – Et Brel?

GL  – J’adore ses chansons chantées par d’autres.

Mon univers en chanson française au départ est plus orienté variété de Michel Berger, de France Gall, de Balavoine. J’adore des chansons de Gold par exemple.

MC – Dans quelle langue penses-tu que les artistes doivent écrire ? Comment réussir en musique – Interview de Guillaume Ledent

GL  – Dans leur langue maternelle.

Je crois que quand tu écris dans ta langue maternelle, tu écris en fonction des mots qui ont une charge émotionnelle, que tu ne retrouves pas dans les autres langues. Le mot  » maman  » dans « Allo maman bobo » d’Alain Souchon a une grande charge émotionnelle que je ne retrouve pas dans le mot mother en anglais par exemple.

Pour avoir un autre avis sur la question, je vous invite à lire l’article de Méthode Chanson  » Pourquoi écrire une chanson en français et pas en anglais ? « 

MC – Pour toi, la chanson est-elle un art majeur ou mineur ?

GL  –  C’est un vaste débat. Je ne sais pas s’il y a un art majeur ou mineur mais l’explication de Gainsbourg est intéressante. Il dit qu’un an art mineur est une combinaison de deux arts majeurs.

Je dirais que la chanson est à la littérature ce que la BD est à la peinture. C’est un art mixte. Ce n’est ni de la littérature, ni de la peinture. Mais c’est de l’art.

Pour avoir un autre avis sur la question, je vous invite à lire l’article de Méthode Chanson  » La chanson est-elle un art mineur ou majeur ? « .

MC – Peux-tu me raconter la dernière fois où tu as créé des paroles, de la musique, des chansons?

GL  –  C’était hier. Je fais ça tous le jours. J’ai mon carnet, j’ai un enregistreur, j’ai mon ordinateur et j’écris des choses, j’essaie des trucs. Ce n’est parfois pas grand-chose. C’est parfois juste un petit gimmick à la guitare que je trouve sympa, que je vais enregistrer au piano tous les jours. C’est au quotidien.

MC – Dans quels endroits et comment apprends-tu ou crées-tu des paroles ou/et de la musique?

GL  – Ce n’est pas dans mon studio, c’est plutôt quand je suis en balade. Quand j’allais souvent à Bruxelles et que je faisais la navette, j’ai écrit plein de chansons dans le train, sur la banquette en regardant les passagers, en regardant à travers la fenêtre. C’est quand je suis en mouvement, sur mon vélo par exemple. C’est là que les idées me viennent. Ensuite, je vais peaufiner ça dans mon studio.

Je dois être seul pour créer. Je sais que certains artistes ont besoin d’autres musiciens ou de la confrontation de l’autre pour créer. Moi cela me paralyse un petit peu donc c’est un acte très solitaire.

MC – Que penses-tu de travailler avec des paroliers ? Comment réussir en musique – Interview de Guillaume Ledent

GL  –  Je l’ai déjà fait. C’est intéressant. Pour mon prochain album, j’ai écrit l’essentiel des textes et deux titres ont été écrits par d’autres.

Ce sont des coups de cœurs. parfois même d’anonymes. J’ai une amie qui a écrit un livre à mi-chemin entre le poème et la nouvelle. Elle a écrit à propos de la mort de sa grand-mère et de sa perte de mémoire. J’ai trouvé une page dans ce recueil qui était écrite pour une chanson. En une heure j’ai enregistré la musique, je la lui ai envoyée et c’était parti.

Je vous invite également à lire l’article de Méthode Chanson  » Comment fonctionne un parolier « .

MC – Préfères-tu les contraintes pour écrire des paroles, ou l’intuition et pourquoi ?

GL  – Au départ, je préférais l’intuition mais maintenant je préfère la contrainte. Pour créer mon album, je me suis imposé une contrainte de thème.

Il y a un mois, quand j’ai sorti ce nouveau single avec le clip, une journaliste m’a contacté et m’a demandé  » comment s’appellera ton futur album « ? Là je me suis dit ah oui, merde, c’est vrai, je ne sais pas encore « . Avec ce qu’on venait de vivre avec le COVID il y a le besoin de renouer avec une certaine forme de fête populaire et en même temps le confinement nous a appris qu’on pouvait savourer des moments tout à fait simples et que, par exemple, un BBQ entre amis était génial et hyper important.

Une heure plus tard je lui ai répondu que l’album allait s’appeler  » Fancy-fair « .

J’ai fais quelque recherches et c’est un mot très belge. Une fancy-fair en Belgique est une fête de bienfaisance. Une cérémonie organisée par une école ou une association, dans un but caritatif, afin de lever des fonds pour soutenir une cause.

C’est le côté populaire qui m’a séduit, le fait de se serrer les coudes.

C’est un lien avec la première chanson,  » La tanière  » qui parle de résilience.

 » Fancy-fair  » est le thème de l’album et j’ai écrit toutes les autres chansons sur base de ce thème. Ce qui va permettre à l’album d’avoir une cohérence.

MC – Comme Voyou qui vient de sortir son album sur le thème de la ville par exemple.

GL  – Exactement.

Je vous invite également à lire également l’article  » Chansons d’auteurs francophones : Il neige de Voyou « .

MC – Que penses-tu du format single et album ? Comment réussir en musique – Interview de Guillaume Ledent

GL  – Je crois encore au concept de l’album. Entrer dans un album c’est entrer dans un univers. Les jeunes écoutent davantage les single mais quand j’écoute un album, j’écoute tout.

Je viens de télécharger, sur Apple Music, le dernier album de Mathieu Boogaerts. Après, quand je passerai chez Caroline Music ou dans une FNAC, j’acheterai l’album.

S’il est disponible en vinyle, je l’achèterai dans ce format là. Mais parfois, en fonction du genre de musique, le CD est plus pratique.

Mathieu Boogaerts s’adresse à toute la famille, je vais le passer en voiture. Par contre, un album de folk alternatif qui sera pour moi seul, pour se poser, je vais l’acheter en vinyle.

MC – As-tu parfois l’angoisse de la page blanche ?

GL  –  Jamais. Parfois, je ne vais rien écrire pendant si mois mais ça ne m’angoisse pas.

MC – Quel matériel utilises-tu pour écrire, pour avoir de l’inspiration ?

GL  –  Une guitare acoustique ou un piano.

MC – Utilises-tu parfois des dictionnaires ?

GL  –  C’est très rare. J’utilise parfois le dictionnaire  » Trouver le mot juste « , un dictionnaire d’association d’idées. Pour trouver des idées à propos d’un thème c’est intéressant.

MC – Fais-tu des recherches d’étymologie ou de sens pour écrire tes chansons ?

GL  – Oui quand j’ai écrit  » La tanière « , j’ai été chercher quels genre d’animaux vivent dans des tanières, dans la foret. Je parle du loup dans la chanson.

MC – Un artiste doit-il aujourd’hui tout faire lui-même selon toi ou a-t-il besoin d’intermédiaires ?

GL  –  S’il a un intermédiaire, ça peut aider mais les intermédiaires se font rares. Je rêverais d’avoir un booker ultra efficace. Ça ne court pas les rues. Il y en a quelques uns mais ils sont trop pris. Quand tu signes avec une agence de booker, tu reçois trois dates par an. Tu dois quand même faire le plus gros du travail. Le conseil est donc de ne pas signer de contrat d’exclusivité.

Un attaché de presse peut être intéressant si tu n’a pas de carnet d’adresse ou si tu dois faire la promo de ton album dans un autre pays.

Quand je vais à la RTBF je sais que les portes me sont plus facilement ouvertes que si je fais appel à un attaché de presse qui débute par exemple.

MC – Faut-il un label aujourd’hui ? Comment réussir en musique – Interview de Guillaume Ledent

GL  –  Je ne pense pas.

Idéalement, la structure c’est un manager, un artiste et un booker. Le label on s’en tape.

MC – Respectes-tu toujours le format radio de 3 minutes 30 ?

GL –  Non, je ne m’inquiète pas de ça. En même temps 3:30 est un format logique de chanson. Dans ce temps imparti tu as tout raconté d’un point de vue musical.

MC – As-tu des problèmes de mémoire? Comment fais-tu pour retenir tes textes ?

GL – Oui effectivement. Cela dépend des chansons. Quand il y a des chansons avec une histoire, des liens logiques ça va mais s’il n’y a pas de liens logiques ça m’arrive.

Pour parer ça, je fais des italiennes. Je répète mes textes sans musique.

MC – Les oublis peuvent aussi être dus au trac ?

GL – J’ai rarement le trac sur scène. Je n’oublies pas mes textes à cause du trac. J’ai plus un stress par rapport à l’organisation.

MC – Comment cela se passe avec ta voix ?

C’est mon point faible. J’ai eu une extension de voix qui a duré trois semaines. Cela se traduit par une perte de puissance. C’était surtout dû à mon métier de prof et au port du masque. J’ai fait un bilan et on a vu que j’avais des débuts de nodules. Par chance, cela a été reconnu comme handicap professionnel. J’ai donc pu bénéficier d’un an de rééducation vocale avec une logopède, une fois par semaine.

Le problème se situe surtout dans l’usage de la voix parlée. Quand je chante, ma pose vocale est bonne. En classe j’oublie de faire des pauses et de respirer. Le fait qu’il y ait un rythme et des pauses en chanson fait que ça se passe plus calmement.

Ma voix était trop dans la gorge et pas assez dans le nez.

La français est plus fatigant à chanter que l’anglais. Les voyelles sont trop dans la gorge et sont moins longues.

Il faut faire vibrer le palais et avoir le nez qui chatouille.

MC – Suis-tu des ateliers d’écriture ?

GL – Plus maintenant mais j’en ai fait. Avec Claude Semal notamment.

Claude Semal - Comment réussir en musique ? Interview de Guillaume Ledent - Méthode Chanson
Claude Semal,
chanteur, auteur, journaliste, chroniqueur, humoriste et comédien belge, né à Bruxelles en 1954.

MC – Quel est ton style d’écriture ?

GL – C’est difficile à dire. Une écriture poétique et ludique je dirais. Je n’ai pas une écriture très frontale et très directe. Il y a un côté un peu espiègle.

MC – Que préfères-tu dans le processus d’écriture ? La création, l’enregistrement, les concerts ? Pourquoi ?

GL – J’aime tous les axes mais je préfère l’écriture et les arrangements. J’aime le processus créatif. Je suis comme un gamin qui construit son premier train électrique mais lorsqu’il est monté, ça m’intéresse moins.

MC – Un artiste doit-il avoir un travail complémentaire selon toi ?Comment réussir en musique – Interview de Guillaume Ledent

GL – Cela dépend comment on veut vivre. Il y a dix, douze ans, j’avais droit au statut d’artiste, je pouvais le prendre. Mais comme je voyais des amis galérer à devoir se justifier à l’ONEM et au FOREM, j’ai gardé mon métier de prof.

On peut vivre avec trois fois rien, dans une yourte ou une roulotte mais avec des enfants c’est un peu compliqué. J’avais envie de leur donner un certain niveau de vie.

MC – Qu’est-ce qui fait un tube selon toi ? Comment réussir en musique – Interview de Guillaume Ledent

GL – (Rires). En chanson française, je pense que c’est un gimmick. Quelque chose qu’on retient. Depuis les années septante, avec l’arrivée des Souchon, Voulzy, Cabrel et Goldman. C’est ça qui fait qu’une chanson accroche.

MC – Que penses-tu d’Angèle par exemple ?

GL – J’aime bien. Elle a le sens de l’accroche mélodique. Je ne sais pas si elle va perdurer car au niveau des textes ce n’est pas encore génial. Mais elle est encore très jeune et elle a écrit ses textes très jeune donc chapeau. Elle peut encore évoluer.

Angèle

MC – Que veut dire réussir en musique pour toi ?

GL – Je crois que c’est simplement être content de ce que l’on a produit. Est-ce que ce qu’on a produit correspond à nos attentes ? Est-on arrivé là où on voulait en termes de créativité ? Pas en termes de succès.

MC – Que penses-tu du milieu musical et du milieu de la chanson en particulier en Belgique ? Comment réussir en musique – Interview de Guillaume Ledent

GL – Il y a eu une perte d’intérêt pour la chanson à texte mais le hip hop est revenu donner un coup de jeune et donne à nouveau le goût pour écrire en français. La chanson guitare voix va revenir grâce au hip hop. Pour l’instant on est plutôt dans une vague de musique électro et hip hop. L’électro s’impose car c’et facile à produire, ce n’est pas cher. Les gens sont de nouveau intéressés par la scène francophone grâce à ces deux courants. Je suis persuadé que cela va permettre à la chanson plus traditionnelle, du chanteur avec sa guitare et son piano, de revenir.

MC – Quel budget dois-tu prévoir pour fonctionner ?

Les tournées Art et Vie

GL – Tous le musiciens et les techniciens touchent 150€ minimum par concert plus les frais de déplacements. Celui qui trouve une date est payé le double. Pour le bookeur c’est le même prix.

Sur un spectacle que l’on vend 1500€ avec les Tournées Art et Vie. C’est le budget pour « Dérange ta chambre, en trio avec ingénieur du son ». On paie les répétitions, 150€ minimum hors frais. Les frais comportent les déplacement, de répétitions de production (créer un décor par exemple). On compte donc 200€ par personne. Mais 30% doit être alloué à la production car les CD ne se vendent plus. On vend pour 200€ aux concerts mais on n’en vend qu’après les concerts. J’ai du vendre 30 CD de « Dérange ta chambre »  dans les Fnac, etc. Les magasins mettent les CD en scène et c’est chouette mais ils ne vendent pas.

On doit prévoir de l’argent pour le mixage, il faut payer un clip. Tout ça doit entrer dans un budget global des concerts.

Le pire

Je travaille avec un tableau Excel et quand j’ai un nouveau projet, je prévois le pire.

Le pire est de ne jouer que 5 dates en Wallonie. Quand j’ai fait ça je suis déjà assez satisfait et je peux tabler sur 5 dates à 1500€.

Cela veut dire que l’on a 7000€ qui va entrer. Je dois payer les musiciens 200€ par concert. Il y en a 5, c’est donc 5000€ et j’ai donc 2000€ pour payer la production, ce qui n’est rien du tout.

Si on doit payer un studio, un mixage, cela va être compliqué. Ce qui fait que je travaille de plus en plus en autonomie. Cela me prend du temps mais au final, cela ne me coûte pas. Je ne paie pas pour le mixage car j’aime ça mais je me rémunère pour le booking car cela me saoule de faire ça.

Si quelqu’un veut prendre ma place, je la lui cède gracieusement, je veux bien le payer avec plaisir. Il touchera 200€ par concert qu’il trouvera.

MC – Si tu pouvais refaire quelque chose, tu referais quoi dans ton parcours musical ?

GL – J’ai fais les concours  » La Biennale de la chanson française  » et d’autres à l’époque. Je dirais que si je devais les refaire, je ferais plus attention au cahier des charges. Aujourd’hui un jeune doit être opportuniste. Aujourd’hui ce concours ne s’appelle plus Biennale mais  » Francofaune « . Il y aune couleur musicale qui est propre au concours  » Du F dans les texte  » et à  » Francofaune « . Quoiqu’on en dise, il y a un cahier des charges à respecter. C’est comme un examen dans un école. Tu dois répondre à un certain format. Même si eux te diront que non mais oui il y a un format. C’est comme pour passer à la radio. Tu sais que si tu écris des chansons qui font huit minutes, tu ne passeras pas à la radio.

MC – Que souhaites-tu encore réaliser en musique ?

GL – J’aimerais pouvoir écrire des musiques de films, de dessins animés. Illustrer des images.

MC – Je sais que ta fille débute en musique. Que pourrais-tu conseiller aux personnes qui veulent se professionnaliser un musique ?

GL – C’est de savoir où on met les pieds. Jai lui ai dit que si elle voulait monter un groupe avec ses compos et des copines, elle pourrait faire le tremplin  » Du F dans le texte  » mais avant, on va aller voir une édition pour voir comment ça se passe. Tu regardes comment les artistes sont sur scène, ce qu’ils ont amenés. Pour se rendre compte du niveau d’exigence. Pour savoir où on doit mettre la barre.

Il faut se renseigner avant de plonger. Il ne faut pas y aller avec son balluchon en disant on fait de la musique dans notre garage, dans notre salle de musique et on est fier de ce qu’on fait  » alors qu’ils sont peut-être complètement à côté de la plaque.

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