Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

Pour m’aider à répondre à la question « Comment être diffusé en radio », j’ai réalisé l’interview de Jean-François Pottier, le responsable d’antenne chez Nostalgie Belgique.

Jean-François Pottier – Chef d’antenne de Nostalgie

Interview

MC – Comment vous est venu l’idée de faire de la radio ?

J-F. P. – Depuis que j’ai sept ou huit an. Quand j’ai reçu mon premier enregistreur à voix au milieu des années 80.

J’enregistrais ma voix en imitant ce que j’entendais à la radio. Puis j’ai eu envie de faire d’autres choses mais cette envie-là est toujours revenue.

J’ai eu la chance de faire mon parcours scolaire en fonction de ce que je voulais faire. J’ai fais l’IAD en réalisation radio télé puis j’ai eu l’occasion d’entrer comme étudiant pigiste à la RTBF en 1999. J’y suis resté pendant trois ans en y faisant des petits boulots tels que des remplacement pour de la programmation musicale.

Après avoir terminé l’IAD en 2002 j’ai envoyé mes premiers CV. J’ai directement été pris chez Nostalgie Belgique. Elle a été la première radio à répondre positivement à ma demande avec la possibilité de faire de l’antenne.

Je n’avais jamais fait d’antenne car à l’IAD on apprenait les techniques de la radio mais on apprenait pas à faire de la radio, c’était évidement intéressant de pouvoir se former.

J’ai débuté à Charleroi en régionale en faisant des remplacement les week-ends puis en semaine, puis j’ai eu ma tranche. Ensuite, j’ai été animateur et suis passé à la programmation musicale.

Aujourd’hui je suis responsable de la programmation musicale et chef d’antenne.

MC – Ça veut dire quoi être chef d’antenne ?

J-F. P. – Ça veut dire que je suis en contact permanent avec les animateurs, les personnes chargées du partenariat, les équipes de communication et la direction des programmes. Je suis l’adjoint du directeur des programmes. Je supervise les horaires, je fais en sorte que tout soit bien organisé lors d’un événement spécial, que toutes les capsules d’une interview soient montées correctement.

J’ai une vue centrale et générale de l’antenne.

MC – Qui est le décideur final des passages radio ?

J-F. P. – Pour les artistes, c’est moi. On est une équipe de quatre à travailler quotidiennement sur la programmation. Je ne fais pas un temps plein. Je ma partage entre ma fonction de chef d’antenne et celle de programmateur musical.

J’ai un collègue qui est en temps plein sur la programmation de Nostalgie. Un autre s’occupe des nuits et le dernier s’occupe des soirées.

Nous sommes une grande démocratie. Cela va se décider au nombre des personnes qui adhèrent à la chanson ou qui ont des réserves. S’il y a vraiment un nécessité de trancher, c’est moi qui tranche mais ma voix n’est pas plus prépondérante que celle d’un autre. Sauf que globalement, c’est moi qui insuffle la ligne stratégique musicale. En partenariat avec le directeur des programmes et la direction de la radio. Je ne suis pas seul à décider du format que l’on doit mettre en place mais disons que je suis chargé de le mettre en place et de le défendre.

MC – Y a-t-il un cahier des charges à respecter pour passer sur Nostalgie ou cela relève-t-il d’un choix subjectif ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – Il y a quelques impositions pour qu’un morceau entre chez nous. Nostalgie n’a pas, à la base, la vocation d’être starter sur les nouveautés et les artistes en développement. Nous sommes un format gold. Le format gold comporte les grands succès des quatre dernières décennies.

La nouveauté, quand elle vient chez nous, sert à oxygéner un peu l’antenne. Cela pour montrer que l’on est quand même intégré dans l’actualité et que l’on n’est pas une radio passéiste, c’est important. On est tourné vers le passé mais on a les pieds dans le présent.

Il y a un paradoxe avec un nouveau titre accepté. Un nouveau titre qui a une sonorité ancienne et qui passerait inaperçu dans le flux ne nous intéresse pas. Mais un titre dont les sonorités sont complètement hors sujet par rapport au format adulte de Nostalgie ne passe pas non plus.

Ce qu’on demande à toutes les nouveautés ainsi qu’aux titres des artistes établis, c’est que le morceau soit :

  • non agressif ;
  • pas trop saccadé ;
  • dans un certain rythme, un certain beat.

Il faut que le titre donne envie d’être chantonné ou tapoté sur le volant de sa voiture. Cela doit être agréable à l’oreille. Il faut rester dans ce que notre public adulte apprécie.

MC – Y a-t-il un genre musical que privilégie Nostalgie ?

J-F. P. – On est dans la pop. Pour être plus précis, dans ce qu’on pourrait qualifier en termes anglo-saxons d’easy listening.

MC – Avez-vous un quota de chanson francophone à passer en Belgique ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – En Belgique, toutes les radios ont des quotas à respecter. C’est dans les engagements que l’on prend avec le CSA.

Les engagements sont différents d’une radio à l’autre, selon qu’une radio soit du service public ou soit privée. Nostalgie est privée.

En ce qui nous concerne, on a 30% de programmation de chanson française à diffuser en vingt quatre heures minimum. 6% de chansons issues de la Fédération Wallonie Bruxelles sur 24 heures. Dans ces 6% il y a 4,5% qui doit être diffusé entre 6h00 et 22h00.

MC – Dans ces 6%, qu’est ce qui passe plus ? Des chansons en français ou en anglais ?

J-F. P. – C’est égal. Ce n’est pas avec ça qu’on fait notre quota de chanson française obligatoirement. Avec les années 80 et les années 90 ce n’est pas un soucis. Nostalgie est connue pour diffuser de la chanson française. Il n’y a donc pas d’exclusive entre une chanson en français ou en anglais. La seule condition est qu’elle soit issue de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

MC – D’un point de vue personnel, écoutez-vous davantage de chansons en français ou en anglais ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – Cela dépend des périodes. Il y a des moments où je vais écouter beaucoup de chanson française. D’autres, où je vais avoir envie d’écouter des chansons venues de l’international. Cela dépend de l’humeur du jour.

MC – Doit-on dire chanson française ou francophone ?

J-F. P. – Ça dépend de l’info que vous voulez passer. Chanson francophone, c’est général. Chanson française, c’est plus spécifique à la chanson qui vient de France. Mais dans les faits, les deux se disent et sont bons.

MC – Qui est votre chouchou du moment en chanson française ?

J-F. P. – J’aime beaucoup Benjamin Biolay.

MC – Pour quelle raison ?

J-F. P. – C’est un artiste intéressant. Je ne l’appréciais pas spécialement au départ. Ensuite, j’ai eu l’occasion de faire un voyage en voiture en revenant de Bretagne. En France, on ne capte pas toujours bien la radio. Du coup, je suis resté sur une émission diffusée par RTL. J’ai écouté ce qu’il faisait et ce qu’il disait et j’ai trouvé que c’était un gars intelligent et intéressant.

Aujourd’hui il a fait un virage musical et ce qu’il fait est beaucoup plus pop. Ce qu’il fait est plus radio en terme de son. C’est un artiste que j’aime beaucoup et nous le diffusons sur Nostalgie.

MC – Benjamin Biolay est votre chouchou français. Y a-t-il un chouchou belge ?

J-F. P. – Il y a une hausse qualitative pour l’instant dans la chanson belge. Il y en a plusieurs qui font du bon travail.

Il y a un gars que j’aime bien, c’est Antoine Armedan.

C’est un chanteur qui habite près de chez moi, à Enghien. C’est très positif, c’est très frais. Il a compris ce qu’est un titre qui passe à la radio, sans pour autant vendre son âme. Certains pensent que pour passer à la radio il faut vendre son âme mais je pense que ce n’est pas le cas pour lui. Il a eu l’intelligence de concilier son univers avec le fait que pour qu’un titre passe en radio. Il y a quand même quelques règles à respecter pour qu’une chanson passe plus facilement qu’une autre.

MC – Quelles sont ces règles ? Quel est le fameux format radio dont on parle ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – Les règles sont propres à chaque antenne. Mais globalement, quand vous regardez les titres qui vont tourner en radio et ceux qui vont avoir plus de mal on a :

  • des mélodies accrocheuses ;
  • des refrains qui arrivent assez rapidement dans la chanson ;
  • un rythme plutôt middle ou up tempo, qui est plutôt positif.

En plus, vu la période, les gens ont envie d’avoir du positif et du son qui les font sourire. C’est important car je remarque, par rapport aux artistes belges, que pendant longtemps on a eu des artistes qui avaient besoin de nous dire qui ils étaient et ressortir leurs problèmes. Mais cela n’intéresse pas spécialement les gens.

En plus, si la mélodie est également pesante cela ne le fait pas.

Or, il y a des artistes comme Antoine Armedan, mais il y en a plein d’autres, qui sont sortis notamment de The Voice, qui n’ont pas gagné mais qui font leur chemin. Est-ce que c’est parce qu’ils sont bien entourés par leurs maison de disques ou que les studios d’enregistrement font un meilleur boulot ? Je ne sais pas. Cela veut dire qu’il y a une prise en compte de certains éléments. Il ne sont pas nombreux mais il faut :

  • une mélodie sympa ;
  • un refrain qui arrive vite ;
  • des paroles agréables et accrocheuses.

Avec ces éléments, il n’y a pas de raison que les radios ne sautent pas dessus.

Le problème

Le gros problème que j’ai eu avec la chanson de la Fédération Wallonie Bruxelles, pas de la Flandre car là c’est différent, est que qualitativement on n’y arrivait pas.

On voulait se démarquer très fort de ce qui se faisait de France. Mais du coup c’était impossible à diffuser.

Il ne faut pas oublier que chez nous, notre public est conditionné par la France. On a un voisin puissant et encombrant, qui déverse énormément de choses.

Donc, s’en distancer et exister par soi-même, pourquoi pas mais le public n’est pas forcément prêt à suivre ça.

Il faut être créatif et ce n’est pas facile mais je pense que l’on est entrain d’y arriver.

Quand vous entendez des Pierre Lizée, Antoine Delie, Suarez, il y a tout un microcosme qui se met en place. Il y a quelques années, j’aurais eu du mal à faire mes 6% de quotas. Aujourd’hui, je suis un peu plus tranquille.

Précision

MC – Pourriez-vous préciser ce qui n’allait pas dans les productions belges ?

J-F. P. – On est dans l’alternatif. Ce sont des chansons humoristiques ou une manière de poser la voix qui ne correspondait pas. Ça sentait le belge.

On écoute toutes les chansons dans le comité d’écoute. Il y a une codification pour dire que la chanson est belge et parfois, je ne la mets pas, pour ne pas influencer les décisions. Mais, certains arrivent à reconnaitre, au son, une production de chez nous.

MC – Au niveau de la voix, du son, de ce qui est dit ?

J-F. P. – Au niveau de la production globale.

MC – Au niveau des arrangements ?

J-F. P. – On parle de production chez nous. Cela peut être sur le mastering, sur les arrangements, etc. C’est plutôt une sensation. Cela fait parfois un peu cheap. Cela s’améliore, il y a une hausse qualitative qui a été faite ces dernières années.

Aujourd’hui on voit durer des artistes. Avant, on en voyait beaucoup arriver. Ca marchait un peu puis derrière il n’y avait plus rien. Maintenant il y a des artistes qui durent, qui reviennent. Il y a une belle énergie de ce côté-là mais il y a encore un du travail.

Electro

MC – Doit-on ajouter un peu d’électro dans les chansons?

J-F. P. – Non pas spécialement. De l’électro il y a des petites notes par-ci par-là et je pense que les artistes ont raison de les ajouter car c’est dans l’air du temps. Cela permet d’être concurrentiel par rapport aux production internationales.

On a juste l’impression que parfois cela sonne local. On se dit que c’est dommage car avec un petit effort supplémentaire ça le ferait.

Par exemple, il y a un morceau qui tourne pour le moment qui s’appelle Sequoia Tree d’Ykons. Quand vous écoutez ce morceau, sans savoir que c’est belge, on aurait put penser que c’est anglais ou américain. C’est nickel. Ce single est un bon mètre étalon pour savoir ce qu’il faut faire.

Chez les français, celui qui est un bon mètre étalon, qui fait tout le temps de tubes, c’est Calogero évidement.

Quotas

Les quotas qui sont imposés aux radios font qu’on va aussi diffuser plus de chansons. On va être moins regardant sur certains aspects de production. A production égale, un titre français ou étranger qui arriverait avec ce niveau-là de finition ne passerait pas. Avec les quotas il passent. Les quotas ont du coup un côté pervers. Ils peuvent être contreproductifs. Si on se contente de peu, certaines maison de disques, certains studios d’enregistrement qui ont envie de s’en mettre un peu dans les poches sont tentés de ne pas aller dans la finition car de toute façon ce sera diffusé grâce aux quotas.

De notre côté, on n’a pas attendu d’avoir des quotas pour respecter pour soutenir les artistes belges.

Il y a Made in Belgium que l’on a créé il y a plus de dix ans sur Nostalgie. C’est un rendez-vous quotidien consacré à la chanson belge. C’est à 13h30 tous les jours. On a toujours mis en avant de nouveaux artistes. Ce n’est pas que du bas de catalogue, Pierre Rapsat, Maurane et Axelle Red. On a reçu aussi plein d’artistes émergeants. Mais, d’il y a dix ans, le seul qui existe encore est Suarez. Les autres ont plus ou moins disparus ou disparaissent pendant 5 ans puis reviennent mais il n’y arien d’installé.

Nous avons à cœur de mettre en avant des artistes belges mais dans la limite de notre format et de ce qu’on veut diffuser, partager.

Alternatif

MC – Que pensez-vous de Juliette Armanet, Clara Luciani, Feu! Chatterton et Bertrand Belin ?

J-F. P. – Clara Luciani et Juliette Armanet correspondent à notre format. Pas tout chez Juliette Armanet. Pour les autres, on n’est plus dans notre univers.

Feu! Chatterton c’est limite. En termes de sonorités, on n’est plus dans le format Nostalgie.

Je vous invite également à lire les articles d’analyses de chansons de Juliette Armanet et de Bertrand Belin.

MC – Si des Brel, Brassens, Barbara et Ferré avaient fait des chansons aujourd’hui, les auriez-vous diffusé ?

Brel, Brassens, Barbara, Ferré

J-F. P. – Leurs chansons correspondent à une certaine époque. On en est loin aujourd’hui. J’aimerais bien, cela ne me dérangerait pas que l’époque soit plus à ce genre d’artistes. Dans cette lignée-là, aujourd’hui, il y en a qui ajoutent de la poésie et qui racontent leur quotidien.

C’est difficile de dire si aujourd’hui ces artistes cartonneraient encore. Je n’en sais rien. Ce serait à souhaiter car si ce n’est pas le cas les radios passeraient à côté de perles. Aujourd’hui ce sont des artistes qui restent diffusables en radio mais c’est quand même parfois compliqué. Dans le format global, au niveau du son, un Jacques Brel va dénoter par rapport au reste. On va le remarquer. Si on écoute Nostalgie et qu’on met Les Copains d’abord de Brassens, on va l’entendre. Alors qu’on ne remarquera pas forcément le morceau d’avant ou le morceau d’après. Car cela correspond à une certaine écriture, un certain style qui n’est plus tout à fait celui qu’on écoute aujourd’hui.

Ce sont des artistes qui sont intemporels donc on continuera à les diffuser mais un peu moins.

MC – On entend souvent parler de génération clean ex, qu’il y a de moins en moins d’intérêt de prendre les temps de la découverte d’un artiste, de miser sur un artiste dans le temps. Il faut qu’il soit rentable ici et maintenant. Cela touche aussi des artistes connus qui doivent correspondre à cette demande tels que Nougaro, à l’époque, qui avait du écrire Nougayork pour correspondre à la demande. Qu’en pensez-vous ?

J-F. P. – Je trouve ça terriblement dommage. Le problème des artistes, tels que ceux que vous avez nommé avant, Brel , Barbara, Brassens qui ont connu des périodes de vaches maigres au début n’auraient jamais émergés dans une société telle que celle d’aujourd’hui.

Un carrière doit s’installer. Il faut laisser le temps d’avoir leur univers car ils ne l’ont pas spécialement quand il commencent. Il faut aussi laisser le temps au public d’adhérer et aux radios de faire le boulot. On peut, de notre côté, aider un artiste en le diffusant. Mais si le single de l’artiste change tous les deux mois, on ne peut pas installer ce single. On ne peut pas l’installer dans le temps pour les auditeurs.

Là, le problème est clairement chez les maisons de disques. Qu’est ce qu’il se passe ? Les ventes de disques se sont effondrées. Il faut faire de l’argent avec des artistes qui coûtent cher. Faire un album, ça coûte cher. Il faut donc très vite les rentabiliser. Donc du coup, on ne prend pas le temps d’installer un artiste. C’est pour ça qu’il y a ce côté artiste clean ex.

MC – Un artiste a-t-il besoin d’une maison de disque aujourd’hui pour faire carrière ou peut-il faire les choses lui-même ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – A mon avis, c’est 50/50. Un artiste aujourd’hui peut se faire connaitre tout seul via les réseaux sociaux. Le confinement à montré aussi que les artistes pouvaient utiliser des voies de communication qui étaient différentes que les voies classiques.

Je pense quand même qu’à un certain moment, si on veut aller plus loin, la structure d’une maison de disques est importante pour ce qu’elle peut apporter en termes de contacts :

  • promos ;
  • avec les salles ;
  • avec les salles.

Chaque semaine, je reçois des tas et des tas de titres. Je me fais un point d’honneur de tout écouter. Je n’écoute pas tout en entier mais j’écoute tout.

Mc – Combien de temps les écoutez -vous ?

J-F. P. – Cela dépend des morceaux. Si c’est du rap, de la house ou quelque chose qui ne correspond pas à notre univers, j’ai compris après dix secondes que ce n’est pas pour Nostalgie. Je ne vais pas perdre mon temps. Par contre, si ça m’accroche au début, je vais écouter un grosse moitié de la chanson. Je serai alors si je la mets dans le comité d’écoute ou pas.

Après une minute trente ou deux minutes on en a compris l’univers.

Quand un titre arrive des Majors, de maisons de disques, on sait qu’il y a déjà eu un premier filtre. On sait alors qu’on est sur des titres plus qualitatifs. Pour ma part, j’écoute tout mais je sais que d’autres ne le font pas. Pour cette raison , les artistes ont encore besoin d’une maison de disques.

Antoine Armedan

Antoine Armedan dont je vous parlais tout à l’heure est un bon exemple. Il a commencé tout seul de son côté et sur les réseaux sociaux avec une petit chanson sympa. On l’a un peu diffusée car il n’habite pas très loin de chez moi et par l’intermédiaire d’un ami en commun la chanson est arrivée sur mon bureau. Mais maintenant, il est chez Pias et fatalement il a maintenant un autre rayonnement. Il est diffusé sur d’autres radios. Il bénéficie d’un encadrement et d’un environnement qui n’est pas le même.

Quand ces artistes auront atteint une certaines notoriété, on l’a vu avec de gros artistes français, ils auront envie d’être leur propres patron pour avoir plus de liberté, sans la maison de disques derrière. C’est ce que Pascal Obispo a fait début de cette année. Cela peut fonctionner avec certains risques.

Les maisons de disques à ce niveau-là devront se réinventer. Presser le citron comme c’est le cas aujourd’hui, à moment donné cela ne va plus le faire.

Presser le citron

Mc – Qu’entendez-vous par presser le citron ?

J-F. P. – Pousser un carrière le plus rapidement possible. Sortir un maximum de single en un minimum de temps pour gagner le plus possible d’argent et puis passer au suivant.

En ça, les émissions tels que The Voice sont un bon exemple. C’est un exemple qui n’est malheureusement pas positif. Aujourd’hui une personne qui arrive dans l’émission signe un contrat avec une maison de disques. En Belgique c’est Universal Music.

Le jour où la personne est éliminée, elle est licenciée. On lui rend son contrat.

Ils vont faire un single avec uniquement le gagnant de l’année. Cela ne se fait pas en deux secondes. Ils feront en sort que celui-ci sorte juste avant la finale de l’année suivante.

Après, il y a un autre gagnant. Donc le premier, même si ça a cartonné pour lui, ils ne vont pas spécialement le suivre. Il ont juste signé pour un single. Même si cela fonctionne, il ne se passe rien derrière. On passe au suivant et ainsi de suite.

C’est l’image exacte de l’artiste clean ex.

Opportunités

A côté de ça, ces artistes on participé à une expérience qui les a fait mûrir. Il y a des personnes qui vont être récupérés par d’autres maisons de disques.

Loïc Notet n’a pas gagné The Voice mais il est plus connu aujourd’hui que celui qui avait gagné cette année-là.

Il y a a plein comme ça. Mais globalement ça va être plus compliqué pour eux. Je vois quand-même qu’ils commencent à arriver avec trois, quatre ans de retard. Ils sont sans doute dû digérer, s’entourer de nouvelles personnes et trouver les moyens nécessaires pour y arriver. C’est plutôt positif.

Celui qui gagne n’est pas forcément celui qu’on va le plus entendre après.

Il y a trois ans, Valentine Brognion avait gagné The Voice et son single était le plus diffusé et avait tourné le plus longtemps en Belgique. Il avait été très fort soutenu par Pure FM à l’époque. Finalement, aujourd’hui Valentine a repris ses études. C’est peut-être de son propre chef, pour avoir un diplôme en poche. Je ne sais pas et je ne juge pas mais en tant que programmateur et observateur de la chansons en Belgique on a peut-être raté le coche.

Passage obligatoire ?

MC – On ne doit donc pas passer par les télé crochets pour être diffusé aujourd’hui ?

J-F. P. – Ce n’est pas obligatoire mais ça permet d’avoir un pied dans le milieu, d’avoir des conseils avisés. Je suis un spectateur comme vous. Je ne sais pas si Florent Pagny donne réellement des conseils pendant toute une semaine à ses chanteurs.

C’est une expérience comme une autre mais celle-ci fait que l’on est très vite médiatisé et que l’on a très vite un auditoire.

Dans les artistes qu’on diffuse il y en a aussi qui ne sont pas passé par cette case là. Ils sont en général plus âgés et ont sans doute ramé un peu plus. Ils ont souvent un travail à côté car ils ne vivent pas de leur musique.

Si on veut en vivre rapidement, ça peut être une option.

Il ne faut pas spécialement gagner ces émissions pour réussir. Il faut peut-être y participer si on veut se donner un petit coup d’accélérateur au niveau carrière. Pour découvrir des manières de faire qu’ils auraient mis beaucoup plus de temps à découvrir en temps normal.

Le mieux est d’avoir déjà un univers et une certaine maturité avant de se lancer dans ce genre d’aventure.

Quand on a des gamins de seize ans qui se font jeter d’une semaine à l’autre, ça doit être dur psychologiquement mais c’est un autre débat.

MC – On dit que le format radio est de trois minutes trente. Qu’en est-il ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – Pas spécialement. Il ne faut pas aller en dessous de deux minutes. Les chansons sont aujourd’hui plus courtes. Je pense que ça vient des plateformes telles que Spotify qui prennent de plus en plus d’importance. Le public aujourd’hui zappe très vite. Il s’ennuie rapidement.

Une bonne chanson reste une bonne chanson. Qu’elle fasse deux minutes, trois minutes trente ou quatre minutes. Au-delà de quatre minutes trente ça devient long mais cela va dépendre de la chanson et de la manière dont elle est produite.

Par rapport à ce que je reçois aujourd’hui on est aux alentours de deux quarante cinq, trois minutes. C’est très rare de recevoir un morceau qui fait quatre minutes. C’est un phénomène que je remarque depuis un an.

MC – Que pensez-vous des attachés de presse, de leurs relations entre vous et les artistes ?

J-F. P. – Il y a deux sortes d’attachés de presse. Il y a ceux qui travaillent pour une Major, une maison de disque et il y a les indépendants.

En Belgique il y en a cinq, six, qui ont un bon carnet d’adresse.

Nos relations sont très bonnes et très franches.

Ils demandent si on accepte tel ou tel morceau et on dit oui ou non.

Parfois on se justifie et parfois non. Avec le nombre de titre que je reçois par semaine, je n’ai pas le temps de faire un petit bulletin pour tout le monde.

C’est à l’attaché de presse ou à la maison de disque de trouver les mots.

Maintenant on ne se voit plus à cause du confinement mais sinon, toutes les semaines on a des attachés de presse qui viennent.

On aime bien ceux qui appellent avant de passer, qui respectent nos agendas.

Il n’y a pas de relation de pression, ni dans un sens, ni dans l’autre. Un attaché de presse va avoir envie de pousser un artiste et de le défendre pour qu’on le diffuse en le présentant bien. C’est son boulot. Après, je prends ou je ne prends pas.

Même contact ?

MC – Un artiste peut-il entrer dans le même genre de contact sans passer par un attaché de presse ou une maison de disque ?

J-F. P. – Non car on n’a pas le temps de détailler. Il y aura plus de détails avec un attaché de presse ou une maison de disque. De plus, certains artistes ne sont pas prêt à entendre ce qu’on a à leur dire. C’est alors à l’attaché de presse de trouver les mots en tant que bon intermédiaire.

Il faut avoir un bon attaché de presse indépendant. Il ne le sont pas tous. On peut donner des petits conseils à ce niveau-là. Je l’ai déjà fait.

MC – Faut-il un dossier de présentation et sous quelle forme faut-il envoyer sa musique ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – Il faut envoyer un morceau sous format WAV via Wetransfer. Le CD est en voie de disparition. On en reçoit très peu. Pendant le confinement j’ai eu huit CD sur mon bureau. Tout le reste transite par le digital.

Toujours en format WAV car c’est le format radio. Il faut un WAV d’origine et non un WAV d’après un MP3.

Pour un artiste qui démarre c’est bien d’envoyer une petite bio sous format PDF mais pas trop long. En tant que programmateur c’est le son qui nous intéresse. Cela ne sert à rien d’utiliser de mots compliqués ou hauts perchés. Au plus clair, au plus simple, au mieux.

MC – Une page maximum ?

J-F. P. – Largement et avec des informations factuelles :

  • je m’appelle x ;
  • j’ai fais x ;

Rien ne sert de faire de la métaphysique, de sonder l’âme en profondeur.

MC – Faut-il une actualité musicale et un agenda concerts pour être diffusé ?

J-F. P. – Il vaut mieux que la chanson corresponde à une certaine forme d’actualité. Qu’elle vienne de sortir, d’être mise sur les plateformes de téléchargement légal.

Il faut que le public puisse la retrouver s’il a envie de l’écouter à nouveau.

Il ne faut pas d’agenda concerts.

Si on nous envoie dix chansons en nous disant de choisir laquelle il faut diffuser ça ne fonctionne pas. Il faut choisir la chanson que l’on souhaite défendre, à propos de laquelle on veut communiquer.

Je peux dire quel format il faut, quelle sonorité il faut pour passer sur Nostalgie mais je ne dirai jamais à un artiste « vous devez faire ça ». Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Je ne peux donc pas choisir un morceau parmi d’autres.

MC – Un attaché de presse peut alors être un bon atout pour mettre un morceau en avant ?

J-F. P. – Clairement oui.

MC – Un artiste doit-il avoir un album ou aujourd’hui ou diffusez-vous des single ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – Il y a deux manières de fonctionner :

  1. Il y a des artistes établis qui travaillent avec les grosses maisons de disque qui diffusent un single puis un deuxième puis ils sortent l’album. C’est la manière classique, ancienne, de faire ;
  2. Il y a aujourd’hui plein d’artistes qui sortent des chansons puis font un EP ou pas, puis l’album sort deux ans plus tard.

Dès que le morceau est sympa et qu’il correspond on le diffuse. Que l’artiste décide de sortir un album dix ans après, il fait ce qu’il veut. Il n’y a donc pas de règles.

MC – C’est donc plus la mode des single aujoud’hui ?

J-F. P. – Oui car faire une album c’est risqué économiquement pour plein d’intervenants et donc on privilégie le single. C’est une évolution actuelle effectivement, avec de temps en temps un petit EP qui sort. La consommation correspond à celle qui a lieu sur les plateformes tels que Spotify, par exemple. On passe d’un titre à l’autre. L’album c’était l’objet aussi. On aimait l’avoir chez soi. Aujourd’hui tout est dématérialisé. Cela pourrait revenir à la faveur du vinyle qui fait son retour mais pour le moment, au niveau des artistes émergeants on est dans le format single.

MC – Que pensez-vous du streaming audio et vidéo tels que Spotify ou Youtube par exemple ?

J-F. P. – Je ne sais pas trop quoi en penser car je l’utilise moi-même. Je trouve ça génial.

En terme d’égalité des chance c’est pas mal car tout le monde peut se retrouver sur ces plateformes. D’un autre côté, ils sont noyés dans une masse de titres et pour sortir de ça, bonne chance.

De ce point de vue-là je me dis que la radio permet de mettre des titres en lumière.

C’est vrai que les plateformes sont nos concurrentes. Certains seraient tentés d’écouter des playlist plutôt que la radio. C’est un autre débat mais c’est clair que c’est un concurrent.

MC – Faire un bon clip vidéo peut aider à sortir de la masse non ?

J-F. P. – Tout à fait, ça peut oui.

MC – On dit souvent qu’un artiste doit passer par la France pour avoir un carrière musicale, qu’en pensez-vous ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – (Rires). Dans le pays dans lequel on est c’est malheureusement encore le cas. Cela commence lentement à changer. Typh Barrow qui n’a pas percé en France, par exemple, fait une belle carrière chez nous.

Suarez idem, ils avaient été à deux doigts d’être diffusés par NRJ en France. Cela ne s’est pas fait mais ils font une belle carrière chez nous aussi.

Mais c’est clair que la France a tendance à tout aspirer et à contourner le regard du public vers chez eux.

Les flamands devraient aussi réussir d’abord au Pays-Bas avant de réussir chez eux, or ce n’est pas le cas. Il y a donc sans doute un problème dans la manière dont on se regarde. Chez les flamands ils sont fier de leurs artistes, ils le mettent en avant.

Chez nous ça vient petit à petit mais on n’y est pas encore.

C’est dommage que l’on ne soit pas plus chauvins. Il y a un travail à faire de ce côté-là. Il faudra sans doute encore quelques coupes d’Europe et du monde de football pour y être.

On a vraiment de très bons artistes et la France le reconnait. C’est dingue de le constater et pas seulement au niveau musical. Ecoutez France Inter et vous serez surpris du nombre d’humoristes belges qui s’y trouvent.

Un artiste aura accès à des audiences bien différentes s’il est diffusé en France. Le marché est beaucoup plus grand aussi.

Si le but est d’en vivre et d’en faire une vraie carrière, c’est obligatoire. les retombées sur France 2 ou TF1 sont bien plus importantes que sur la RTBF ou RTL.

MC – Comment doit faire un artiste émergeant en Belgique pour passer sur Nostalgie France ?

J-F. P. – Il doit écrire à Nostalgie France (rires).

MC – Il n’y a pas de relations avec Nostalgie Belgique ?

J-F. P. – Il y a des relations mais pas à ce niveau-là. Nos formats musicaux sont différents déjà. En France, le format est plus restrictif sur les années 80 et 90. On occupe un terrain qui est beaucoup plus large. Jusqu’il y a peu en France il ne diffusaient pas de nouveautés. Les choses changent un pour aujourd’hui.

Le mieux est de faire son expérience, ses armes, en Belgique pour pousser ensuite la porte du voisin.

MC – Comment doit faire un artiste émergeant en France, Suisse ou Canada pour passer sur Nostalgie Belgique ? Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

J-F. P. – De la même manière que les autres. Il doit nous envoyer son single terminé puis on l’écoute.

MC – Il n’y a donc pas de restriction d’origine ?

J-F. P. – Non, aucune. Cependant, les quotas font qu’on aura une oreille plus attentive aux productions locales.

MC – Comment cela se passe-t-il au niveau des droits d’auteur quand l’artiste est diffusé sur votre antenne ?

J-F. P. – On ne gère rien par rapport à ça. On envoie nos fichiers de diffusion à la SABAM et à la SIMIM et eux font le travail derrière.

MC – Il n’y a pas encore de dispositif numérique qui envoie le passage de tel ou tel artiste en temps réel à ces institutions ?

J-F. P. – Non et en plus ils reçoivent des formats de fichiers différents d’une radio à l’autre.

Je ne sais pas comment ils font. C’est un énigme pour moi.

Je sais que les maisons de disque mettent un son inaudible sur un titre.

MC – Genre un ultra son ?

J-F. P. – Oui et donc l’attaché de presse et la maison de disque peut vérifier combien de fois l’artiste est passé en radio, à quelle heure, etc. Mais ça c’est pour un usage interne et ça ne part pas à la SABAM.

Pour la SABAM je ne sais pas.

MC – Y a-t-il autre chose qui vous tient à cœur ou un ultime conseil que vous pourriez donner à un artiste qui souhaite se professionnaliser en musique, en chanson ?

J-F. P. – S’entourer correctement. C’est très important. Il faut avoir les bonnes personnes aux bons postes. Certaines personnes m’envoient des titres après être passés en studio d’enregistrement. Ils ont payé la location du studio, l’enregistrement et l’ingénieur du son et c’est juste un scandale de se dire que des personnes se sont fait de l’argent sur le rêve, l’envie de quelqu’un.

La personne qui est dans son trip, son monde, son univers à ce moment-là ne se rend pas compte qu’il fait méchamment fausse route et qu’il va perdre de l’argent et peut-être ses rêves.

Les artistes n’ont pas toujours envie d’émerger à tout prix. Quand quelqu’un fait du métal, ce sera plus compliqué de passer en radio et il mettra plus de temps que les autres. Il ne faut donc pas le pousser à chanter des chansons de crooner.

Il faut des personnes qui respectent les artistes dans leur authenticité mais qui puissent aussi leur dire les choses quand il faut car sinon ils perdent du temps.

Ce n’est pas toujours facile pour artiste qui a une sensibilité différente, qui a envie de partager son univers d’être à l’écoute et de ne pas se vexer. Surtout s’ils sont jeunes. C’est un point à travailler chez eux et il faut persévérer.

Il faut aussi être à l’écoute de l’air du temps.

Il ne faut pas hésiter à demander conseil et l’avis sur sa musique à un bon attaché de presse indépendant ou dans un bon studio de musique comme ICP par exemple.

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2 thoughts on “Comment être diffusé en radio – Interview de Jean-François Pottier – Nostalgie

  1. guillaume says:

    Interview très intéressante mais qui ne traite que d’une infime partie de ce qu’est la chanson.

    Jean-François Pottier est clair, honnête et professionnel: il n’a pas peur de parler de « format » radio, c’est sans tabou, et on sent bien la différence qu’il peut y avoir entre talent et format radio. Ca aurait été intéressant de lui demander son avis sur des artistes français qui sonnent « plus cheap », ou artisanaux: Matthieu Boogaerts, Albin de la Simone, Pomme… Toute la veine du label Tôt ou Tard: ces artistes réussissent et, pourtant, sont loin du format radiophonique tels que proposé par Ycon ou Calogero: c’est un son variété très mainstream. De ce fait, ne devrait-on pas parler de FORMATS RADIOS (au pluriel)? Le son de La Première est-il le même que Nostalgie ou Tipik? Il y a des artistes signés chez HOME RECORDS qui sont dans un « format radio »… pour le monde est un village sur La Première RTBF.

    J’ai fait l’expérience de GROOVER, récemment, pour mon titre LA TANIÈRE. J’ai eu des avis complètement divergents. Et les avis les plus enthousiastes ne viennent pas du côté de la scène chanson… mais plutôt de la scène world, jazz ou rock. Etonnant.
    En même temps, c’est normal: dés que tu vas proposer qqch de personnel, tu auras des avis contradictoires. je connais bon nombre de musiciens qui vont détester un son à la Ycon. Et en même temps, JF Pottier le dit bien « ça pourrait être américain »: ça, c’est soit un compliment… soit un fameux défaut ;-). Perso, je préfère de loin le Puggy du premier album, avec ses guitares nylon mixées à une section rock, plus brut de décoffrage, limite punk, que le tournant populaire qu’ils ont pris il y a quelques années où leurs chansons passeraient très bien en BO de la Reine de neiges.

    Donc, je pense que les propos de JF Pottier sont à remettre dans le contexte des radios « mainstreams » grand public. Je ne fais aucun jugement par rapport à ça. Tu as le même phénomène avec les festivals de chanson: si tu veux jouer aux francos, tu as intérêt à avoir « un gros son ». Le son prime sur le verbe. Si tu veux jouer au festival « Barjac m’enchante » ou « le festival de la chanson de Moncucq », tu as intérêt à privilégier la singularité: aucune chance qu’un Calogero n’y soit programmé… sauf s’il change son format. Cali l’a bien compris, il est cette année en… piano-voix, façon Ferré au festival de Barjac. je ne crois pas qu’il l’a fait pour passer sur ce genre de festival mais Cali est un de ces artistes qui peut autant fédérer des gens à Spa… qu’à Barjac. Il a toujours admiré Ferré et cultivé d’un autre côté une chanson plus festive.

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